fabrice brault

Chez moi, c’est Cluedo tous les jours. J’ai été bercé avec Pradel et”  Perdu de vue ” .Fabrice Brault, détective tourangeau depuis 1995, s’est spécialisé dans la recherche des personnes disparues. « Celles qui se volatilisent en allant chercher le pain, les héritiers, les frères ou sœurs séparés après un divorce, les débiteurs… »Mais également les mères d’enfants nés sous X, difficiles parfois à identifier, en témoigne le reportage de TF1 diffusé ce samedi.

Quinze jours durant, les journalistes ont suivi le détective lancé dans une enquête passionnante mais corsée. « On cherchait la mère biologique d’Anne, avec pour seuls indices son âge – qui s’est révélé faux – et son origine sénégalaise… »Comme chaque fois, Fabrice Brault est parti de la base, épluchant les archives de l’hôpital – « parfois, il y a des noms » –puis les registres de naissance, « en imaginant que cette femme ait eu un autre enfant cinq ans plus tard »… Sans succès. Restait le porte-à-porte. Il rencontre une sage-femme de 80 ans, « avec des souvenirs peu fiables, l’espoir est vite tombé », puis une assistante sociale de l’époque. Deux mois de recherches, qui aboutiront grâce aux avis de recherche – « le recours ultime ! » –distribués dans les communautés sénégalaises. « Il y a eu beaucoup d’émotion, cette femme avait cherché cet enfant toute sa vie. J’ai eu juste un regret, que la discrétion n’ait pu être assurée. »
Dans les affaires de nés sous X, le détective avance un taux de réussite de 50 % pour des enquêtes parfois très courtes (une semaine) ou très longue (quatre ans). Avec parfois de grandes déceptions à l’arrivée, « quand le parent, qui a gardé le secret et refait sa vie, refuse de voir l’enfant. »Fabrice fait alors le médiateur. « Pour l’enfant, c’est un deuxième abandon. Je sers parfois de boîte aux lettres entre les deux pendant des années. Le pire aussi, c’est quand on découvre un enfant qui ne sait pas qu’il a été adopté. »

“ Les mères peuvent lever le secret ”

Le détective rappelle que, depuis 2002, la loi Ségolène Royal donne la possibilité aux enfants de solliciter le Conseil national pour l’accès aux origines (CNAOP). « Depuis cette date, les mères peuvent également lever le secret en contactant le conseil général et le service de l’Aide sociale à l’enfance. Elles peuvent alors ajouter leur nom au dossier de l’enfant. »Fabrice Brault, qui milite à la Coordination des actions pour le droit à la connaissance des origines (Cadco), liste les écueils fréquents dans les recherches : « Les mères vont souvent accoucher dans le département voisin pour plus de discrétion. Les services sociaux ont également le droit de changer le lieu de naissance du bébé. »Il donne aussi une astuce : « Le premier réflexe pour une mère qui cherche son enfant, c’est de taper son prénom et sa date de naissance dans les moteurs de recherche. D’où la prolifération des pages Facebook portant juste ces infos… »
Aujourd’hui, Fabrice Brault recherche la mère d’un jeune de 19 ans, prénommé Julien Maxime à la naissance, et né le 3 mai 1995 à Amboise. L’enquête, qui semble mener au Loir-et-Cher, s’annonce compliquée. D’où cette bouteille à la mer…